Léon Bourgeois, l’homme à tout faire de la IIIe République

Dans le panthéon de la protection sociale, voici un homme extraordinaire. Malheureusement, absent de nos livres d’histoire.

Il nous a pourtant laissé un héritage conséquent.

Léon Bourgeois a été avocat, député, sous-préfet, préfet, préfet de police…

9 fois ministre,

Président du conseil (chef du gouvernement sous la IIIe République),

Président de la chambre des députés (équivalent de notre président de l’Assemblée nationale actuellement),

Président du Sénat,

Premier président de la Société des Nations (ancêtre de l’ONU),

Prix Nobel de la paix en 1920.

Né en 1851 et mort en 1925, membre du parti radical.

Le parti radical est un parti qu’on pourrait qualifier de centriste aujourd’hui.

À l’époque, c’est dans ce parti que se retrouvent les républicains, qui s’opposent aux monarchistes.

C’est le grand parti de la IIIe république.

Le parti se scindera en 2 avec la Ve république et la bipolarisation de la politique entre la droite et la gauche.

Le parti existe encore aujourd’hui sous le nom de mouvement radical.

Il se définit comme le plus ancien parti politique français.

Léon Bourgeois se cassera les dents en 1895 sur un double échec : séparer les Eglises de l’Etat et instaurer un impôt sur le revenu. Libéré de son mandat de Président du conseil, il en profitera pour écrire son livre Solidarité.

Il donne ainsi naissance à une nouvelle doctrine, le solidarisme.

Une troisième voie entre le socialisme et le libéralisme.

« L’individu isolé n’existe pas », il est en interaction avec la société.

A sa naissance, l’individu hérite de la génération précédente de capitaux sociaux, culturels et économiques. L’individu doit enrichir ces capitaux avant de la transmettre à la génération suivante.

Pour cela, la société doit apporter à l’individu, une éducation, des moyens économiques minimaux et une protection sociale contre les risques.

L’individu en échange doit faire tout son possible pour ne pas être une charge pour la société.

Ce courant deviendra la philosophie officielle de la IIIe République.

Le projet d’impôt sur le revenu finira par s’imposer avec la 1ʳᵉ guerre mondiale. À la fois, par patriotisme, besoin financier et évolution des mœurs sociales.

Le solidarisme aura aussi un impact sur la naissance du mutualisme.

La protection contre les risques sociaux sera pris en charge par des acteurs non étatiques.

Les Français préférant que l’Etat n’intervienne pas dans la protection sociale.

Léon Bourgeois donnera l’impulsion de la création de la Fédération nationale de la Mutualité française.

Ce geste fait de lui le parrain de cette organisation.

En conclusion, Léon Bourgeois est un grand oublié de l’histoire. J’espère vous faire (re)découvrir son importance.


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