Tout le monde semble avoir oublié, pourtant il n’y a pas si longtemps, nous avons tous traversé une crise sanitaire.
Il y a trois groupes dans la population qui ont fait plus d’effort au cours de cette pandémie :
– les « métiers essentiels » : les livreurs et coursiers, les agents de propreté, les caissiers, les éboueurs, les métiers de la logistique, les enseignants… Qui se sont exposés au risque pour permettre aux autres de vivre décemment
– les métiers du « care » : médecins, infirmiers, aides-soignants, assistants sociaux, les personnels associatifs, les salariés de l’économie sociale et solidaire…
– les femmes : les « aidantes naturelles » qui non seulement sont très représentées dans les métiers essentiels et du « care » cités ci-dessus, mais qui ont aussi la charge de s’occuper des enfants et des personnes âgées ou fragiles à la maison. Travaillant déjà parfois en temps partiel, certaines ont dû prendre du chômage partiel pour s’occuper davantage de leur famille enfermée à la maison.
Ces catégories de population sont confrontées à des métiers qui, en temps normal, sont pénibles et mal payés. Pour eux, le travail est une activité nécessaire à leur survie, mais qui dégrade la santé et l’espérance de vie. Allonger la durée de travail accroit cette dégradation. Dans ces secteurs, les fréquences d’accidents du travail et les temps de trajet sont supérieurs au reste de l’économie privée, respectivement +20 % et +43 %. Difficile de profiter de sa retraite en bonne santé, surtout si on l’éloigne.
En outre, ce sont des métiers à très forte précarité, en contrat court, en intérim ou à temps partiel (un quart des femmes travaillent à temps partiel). De fait, malgré le travail, il est plus difficile d’obtenir des années complètes cotisées. Le décalage de l’âge légal aura un impact sur les indemnisations des retraites, car il sera compliqué pour eux d’avoir du taux plein. Les femmes sont déjà celles qui partent le plus tard à la retraite pour une retraite inférieure de 40% à celle des hommes.
Le comble, c’est que pour le secteur médico-social, ce sont les personnes qui travaillent bien souvent pour celles et ceux qui sont déjà à la retraite.
Après chaque grande crise, les sociétés ont besoin de plus de progrès social. Les résistants du CNR (Conseil National de la Résistance) ont voulu un monde plus juste après la seconde guerre mondiale, avec la sécurité sociale. Les Français après la covid aspirent à un monde nouveau.
La première réforme sociale du gouvernement post covid sur le chômage, ne prenait déjà pas en compte les attentes des travailleurs. La deuxième, sur les retraites et sa contestation très forte, montre encore qu’il n’a pas compris le besoin des Français. Mais plus que tout, redemander des efforts à celles et ceux qui en ont le plus fait pendant l’épidémie de covid, c’est trop !


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